2008/01/29

Presque de la performance



J'observe que les participants des Drift-Walks font en quelque sorte une simple performance. Les participants répondent à des impulsions, comme craquer la fine glace sur le sentier, toucher cette mousse sur l'arbre ou celle fabriquée par les remous d'une rivière, prendre une position pour contempler la vue, un objet, écouter, sentir la lumière sur sa peau, toucher le sable des orteils... Et on fait cela naturellement lorsqu'on va marcher dans la nature mais la différence est que les participants d'une Drift-Walk connaissent le contexte de ces choix. Ils savent qu'ils portent une attention particulière, plus pointue. Ils restent là peut-être plus longtemps qu'à l'habitude. Ils sont conscients que les autres participants comprennent les actions qu'ils posent et assument le regard des autres. C'est le contexte partagé en temps réel qui donne à l'exercice les caractéristiques de performance.

Sur la photo, on peut voir Caroline qui était assise pour un long moment au bout du quai à St. John's au mois de mai 2007 lors de la première Drift-Walk organisée dans le cadre du Festival de nouvelle danse de St. John's. J'ai eu l'impression qu'à cet endroit, Caroline avait une présence physique tangible, dans le moment, elle faisait et assumait l'image. C'est cette qualité de présence que je recherche quand je regarde des danseurs et là, à ce moment, Caroline avait tout compris. Il y avait même une noblesse dans son geste, on aurait dit une princesse.
Crédits photo: Julie Lebel

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