
This page was the source of the first half of Laura's solo. We used tools like "movement equivalent" to the words in the text and and we explored the dynamics of the image, rythme, the shape (part of it, being the shape and contour of the shape... Also we used the image spatially by dancing the map of it.
2008/02/25
Laura's Drift-Walk material
2008/02/22
Pratiquer la créativité, en marchant.
Je pense à une citation que j'ai recueillie dans un texte de Jean François Pirson intitulé "Tout bouge" dans la revue Esse (54) à la page 23.
Kafka : Il n'est pas nécessaire que tu sortes de ta maison. Reste à ta table et écoute. N'écoute même pas, attends seulement. N'attends même pas, sois absolument silencieux et seul. Le monde viendra s'offrir à toi pour que tu le démasques, il ne peut faire autrement, extasié, il se tordra devant toi.
À l'inverse de cette proposition, je préfère sortir de chez moi, marcher dans un parc, mais c'est la même chose, dans le silence, l'imagination foisonne.
Les capacités associatives de la pensée sont infinies. C'est ce que j'utilise quand je pratique la chorégraphie, l'improvisation physique, quand je regarde un spectacle de danse, une oeuvre d'art. Il n'y a qu'un pas à faire entre cultiver cet état en studio et le faire en marchant. La créativité, ça se pratique.
I figure that walking and dancing or watching art require to be aware of the associative process in my brain, in my body. I am practicing being creative in all these activities.
http://www.wwwebart.com/riverart/paradise/artists/pirson/index.htm
2008/02/19
Marche au bois de Brénéguy (Morbihan)
J'ai repris les notes de la marche au bois de Brénéguy sur la commune de Locmariaquer. J'ai pensé à un découpage en plusieurs séquences pour creer une danse.
Séquence 1: souvenir
Pour aller au bois de Brénéguy il faut passer par un marais. Quelques passerelles de bois sont posées pour éviter les passages difficiles. Ce paysage me ramène à Iona Island aux abords de Vancouver où nous avions fait une marche avec Julie, Karine, Miriam, Laura et Mary An. Je me retrouve un peu comme sur l'immense jetée de Iona Island sur laquelle je m'étais engagée dans une marche qui me paraissais sans fin et m'avais un peu angoissée.
En studio je travaille ces impressions en faisant une marche qui se termine peut être par une course. Il y a des allers retours, un découpage de l'espace par la marche qui figure les connexions qui circulent, les zones du cerveau sollicité pour réveiller les espaces de la mémoire. Marcher c'est traverser l'espace et le temps. Le passé, le présent, le futur.
Séquence 2: l'arbre qui respire
La marche s'arrête, je reste debout et je m'enracine. Cela prend du temps. J'oscille légèrement de droite à gauche. Ma respiration se fait de plus en plus ample au fur et à mesure que je m'enracine dans le sol. Je veux donner à voir la respiration.
C'est un arbre repéré avant d'arriver au rivage qui m'a ramené à ma respiration. Il a la configuration de l'intérieur des poumons, les fines branchioles, les ramures, le réseau de connexions multiples où l'air circule. Ma respiration s'est faite plus ample. Un arbre c'est exactement comme un homme.
Séquence 3: les herbes folles
Après une grande inspiration, je circule en tournoyant et en faisant avec les bras des mouvements secs, tranchés, incisifs, un peu martiaux.
J'ai été attirée en arrière du rivage par une grande masse herbeuse qui paraissait très confortable. Je m'y allonge tout mon long. Je ferme les yeux. Quand je les ouvrent je vois en contreplongée quelques bruns de hautes herbes qui me semblent d'où je suis, très fortes et solides. Si le déluge arrivait je pourrais m'accrocher à elles et être en sécurité. Ces herbes découpent parfaitement l'horizon. La force réside aussi dans des choses très ténues, presques invisibles.
Séquence 4: la bienfaisance
J'ai envie de produire du son. Je pianote avec les doigts de la main droite le plancher. Le petit choc des ongles produit bien le bruit de la pluie, des grosses gouttes qui tombent. Le son résonne dans tout mon corps, mon visage s'engage dans une expression de grand contentement.
Toujours allongée dans l'herbe, il s'est mis à pleuvoir. Je ne cherche pas à me protéger de la pluie, je la goûte. Lors d'une marche guidée par le carnet je goûte à la présence de ce qui m'entoure, de ce qui se passe. Il y a quelque chose à voir avec un plaisir gustatif, sensuel. La pluie n'est plus un obstacle sur le parcours, je sent sa bienfaisance. Les choses deviennent désagréables, voir dangereuses, que si l'on s'en protège.
Séquence 5: Les danseurs
Je me lève. Une sorte de rythme à 4 temps se dépose dans mon corps. J'entame une valse précise et régulière. Puis la valse se destructure pour devenir un truc un peu hystérique, une danse incantatoire de sorcière. C'est d'abord très rapide puis ça meurt doucement. Retour à la respiration.
Après la pluie, je me suis relevée pour atteindre le bois situé sur une pointe. Vu de loin il coiffe parfaitement la pointe qui s'enfonce dans la mer. Vu de près il a la forme d'un sanctuaire. En son centre il y a un petit dolmaine effondré. A l'intérieur du bois les arbres sont tous un peu courbés certainement par le vent quotidien qui vient de la mer. En levant la tête, je les vois danser. Ils ressemblent à une bande d'amis qui s'invitent à danser une danse de salon. Ils finissent par me donner le tourni. Je regarde la mer ça se calme.
Il y aurait encore beaucoup de choses, ce bois est une belle source d'inspiration pour la dérive de la pensée.
J'ai trouvé Anne Sophie assise sur la grosse pierre du dolmen qui écrivait sur son carnet très concentrée. Pour le moment elle ne veut pas trop parler de son expérience mais plutôt gouter à cet état de présence dans lequel l'a plongé la marche. Elle a trouvé une grosse plume de goéland dans le bois. La plume lui a fait pousser ses propres ailes et l'a emportée loin.
Anne Sophie est géographe et elle pense que l'outil du carnet aurait été fort intéressant à exploiter lors de ses études de géographie, cette approche sensible de l'espace. C'est aussi ce qui me plais dans ce processus mis au point par Julie, il y a de multiples déclinaisons possibles. A suivre...
2008/02/18
La marche du 17 février au Parc Pacific Spirit... J'étais consciente de la conversation mais aussi de l'effet de la marche sur notre état, après 15 minutes nous étions réchauffées, prêtes à commencer l'exercice. J'ai ici transféré quelques notes de cette marche...
Notes de Julie:
Des fils d'araignée dans la lumière, des centaines de petits traits brillants qui oscillent. Le vent prend légèrement et les traits lumineux s'étirent ou s'éteignent rapidement. Je pense à un système nerveux rempli de messages qui ne se rendent pas toujours.
L'effet de perspective des rangées d'arbres dans la forêt fait que lorsque je marche, les arbres près de moi défilent en sens inverse. Les arbres qui sont au loin semblent m'accompagner. Plus loin, un arbre est voûté, sa cime touche le sol et forme un grand arc. En passant cette forme, j'ai l'impression que la forêt tourne autour. Il y a un effet de rotation.
Le mouvement de balancement de la cime des arbres. Je regarde en haut. Je respire bien, presque en même temps que le mouvement des arbres.
Notes de Marie-Laure:
Marie-Laure arrive dans sa marche d'abord en remarquant toutes les teintes de vert, la lumière de cette couleur. Plus loin elle remarque des pousses sur des souches et comment la vie prend partout, "s'accroche où elle peut s'installer, où on la laisse pénétrer".
Marie-Laure a dessiné ce qui me semble être un petit holy tree avec ses feuilles vertes, brillantes et coupantes. Marie-Laure pense que le beau est parfois dangereux.
Marie-Laure rencontre un arbre immense, elle peut voir la lumière sur les grappes de feuilles et le bleu du ciel au travers des minces branches. Les branches se balancent doucement vers le bas. Mouvement de danse, de prière.
Le bruit d'un rigole, doux comme une caresse d'enfant ou des douces notes de piano. Ce bruit se colle à au rythme de son pouls. Il s'agit de tendre l'oreille, de savoir s'arrêter, d'apprendre à se détendre.
2008/02/11
February 17, 2008 - Drift-Walk at Pacific Spirit- 1 pm
I propose leading the next Drift-Walk at Pacific Spirit again. Let's meet at the Parc Centre at 1 pm. We will walk together to the intersection point of trails nb 12 and 21. We will start the exercise there. It should take the group about 20-30 minutes to get to the starting point. From there, I suggest taking one hour to do the Drift-Walk and meet back at the departure point. We should be back at the parc centre around 3:00 or 3:30 pm at the max.
Everybody welcome, it's free! Bring comfortable clothes, a snack, your favorite pen or drawing pencil and an umbrella if it is raining.
Email-me at driftwalk@gmail.com if you have questions or comments.
http://www.gvrd.bc.ca/parks/PacificSpirit.htm
Pacific Spirit parc is easily accessible by public transit using bus nb. 25 or by car (free parking at the Parc Centre).
Creating a solo with Laura Hicks
Laura Hicks and I are back in the studio. I had invited her last fall to explore relationships with Drift-Walking and dancing and she then invited me back to continue this work and create a solo on her. I feel very fortunate to work with Laura again. Lara and I are brining all our tools, from our own experiences and from the learnings of great teachers like Liz Lerman, Nina Martin, Lisa Nelson and Nancy Stark Smith for example.
We are working on the choreographic motifs or "Blades of Grass", "Giant Leaf" so far. Both images/experiences are extracted from Laura's own Drift-Walks last fall at Jericho Beach and Lynn Canyon.
So far, my questions in the process are:
- What is it that we do exactly in order to bring out a clearer stated movement?
- In what ways we can use Liz Lerman "Equivalent" tool to generate a detailed choreographic motif?
- What is the extreme outcome of what I am attempting to state in a particular motif?
Read Laura's blog for more details:
http://radmoves.blogspot.com/